Messieurs

Les jeunes ambitieux se confient volontiers au premier venu, surtout
s'il a dépassé la trentaine. Pour Simon Faugier, l'aventure aurait pu s'arrêter
là. Or elle va beaucoup plus loin. Un confident d'un soir voit en lui une
proie facile. Cet inquiétant chasseur de têtes commence par envoyer
Simon chez un riche septuagénaire. Victor Wiegant lui propose un travail
de bibliothécaire, puis le fait entrer comme rédacteur dans une revue
d'art, dont il est le propriétaire, avant de l'associer à l'organisation d'un
festival de musique, dont il est cette fois le bailleur de fonds.
Simon y gagne rapidement l'amitié de cet homme chez lequel il passe
la moitié de ses journées. Fascination d'un jeune arriviste pour la richesse
d'un vieux bourgeois ? Pas sûr. Ce n'est pas l'argent qui fascine Simon,
car il en a. Ce n'est pas non plus la bourgeoisie, car il en fait partie. C'est
plutôt l'âge.
«Du grand art. Seul compte le ton, et Combaz en a un qui frappe tout
de suite par son élégance, son impassibilité mériméenne, son aptitude à
clarifier, dans la psychologie de l'individu, les manigances de l'ombre»,
écrit Angelo Rinaldi dans L'Express en 1979, à la sortie de Messieurs ,
premier roman de Christian Combaz.