De la question de l'emplacement d'Uxellodunum

Après une lutte digne d'une éternelle admiration, les divers peuples de la Gaule courbaient successivement la tête sous le joug des Romains, et la tâche de Jules César semblait enfin terminée, quand l'héroïsme d'une poignée d'hommes vint retarder encore le jour des funérailles de l'indépendance nationale. Les habitants d'Uxellodunum, ville située sur le territoire des Cadurques (représenté par l'ancien Quercy), préférèrent les glorieux dangers de la résistance à la déshonorante sécurité de la
servitude. Se groupant autour d'un des plus vaillants lieutenants de Vercingétorix, autour de leur concitoyen Luctère, ils résolurent de faire un dernier rempart de leurs corps à la liberté de leur patrie. Le courage de l'exécution répondit à la grandeur du projet. Les Cadurques enfermés dans Uxellodunum bravèrent longtemps tous les efforts des légions et toutes les tortures de la soif (1). Leur attitude fut constamment si noble et si fière qu'elle mérita les éloges de leurs ennemis eux-mêmes, et on peut dire d'eux, par allusion à la terreur superstitieuse qui les saisit quand ils virent tarir la source sacrée en laquelle étaient placées toutes leurs espérances, qu'ils se rendirent parce qu'ils se crurent abandonnés par les dieux plutôt que vaincus par les hommes