Dieu a planté sa tente parmi nous : les sacrements et le mystère pascal dans l'Evangile de Jean

Depuis que le monde est monde, les hommes de tous temps, de toutes
cultures, de toutes sensibilités religieuses ont une énorme difficulté à imaginer
et croire que Dieu, comme Dieu, se soit révélé comme tel en se faisant
l'un parmi nous et l'un chez nous. Nombre d'entre nous, chrétiens ou non,
sont tentés de réduire plus moins consciemment le christianisme à une
religion parmi d'autres ou à eux-mêmes en se faisant un «Dieu à leur
image» alors que c'est nous qui sommes créés et recréés sans cesse à son
image : nous oublions ainsi de qui nous sommes, rejetant dans le lointain
ou le vague de notre imaginaire la personne de Jésus-Christ !
Le Christ ne cesse de venir au-devant de chacun et de toute l'humanité.
Il ouvre l'horizon devant les aveugles et abat pour les sourds les murs du
silence. Il alerte par la foi notre intelligence, il nous plonge dès le baptême
dans sa mort et sa résurrection. Chaque jour, il anticipe par sa miséricorde
la conversion du coeur. Il nous invite à vivre de lui dans l'Eucharistie tandis
que nous marchons encore dans la boue, la haine et le sang, plus ou
moins aveuglément.
Saint Jean rend témoignage : « Ce qui était depuis le commencement, ce
que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, c'est le
Verbe, la Parole de la vie » (I Jean , 1). Dans la crise de foi et de confiance
contemporaine, voilà ce qui a bouleversé et saisi ma vie et mon ministère
de prêtre, accompagné de longues années par Mgr Daniel Pezeril, à l'écoute
de Jésus-Christ, seul susceptible d'inventer l'homme nouveau puis-qu'il
naît de Dieu et qu'il répond, au-delà de toute mesure, à l'attente de
la terre, Lui, le Dieu patient et impatient des lendemains.