Les Gurkhas : plutôt morts que lâches

1815: Népalais et Britanniques s'affrontent sans merci à la frontière indonépalaise. De cette guerre, gagnée non sans mal par les Occidentaux, naît une profonde estime réciproque et les Népalais offrent leurs services à leurs ennemis d'hier. Ainsi débute une collaboration qui dure encore. Les Gurkhas, puisque c'est le nom de ces soldats hors du commun, vont combattre aux côtés des Britanniques dans tous les conflits où ils interviennent. Ils vont servir la Couronne en Afghanistan, en Birmanie, en Inde, au Tibet. Au cours de la Grande Guerre, ils se battent en France et au Moyen-Orient, où ils retournent au cours de la Seconde Guerre mondiale, se couvrant aussi de gloire en Afrique du Nord, en Italie et en Birmanie. Tandis qu'une partie des Gurkhas, cèdée à l'Inde en 1947, aide cette dernière à règler ses incidents frontaliers avec la Chine ou le Pakistan, l'autre, restée britannique, est de toutes les guerres larvées qui éclatent un peu partout, de Bornéo aux Malouines, du Kosovo à Hongkong, de la Malaisie à l'Afghanistan. Soldats rudes et rustiques qui manipulent toujours le kukri avec dextérité, ils ne s'en sont pas moins montrés capables d'évoluer et de s'adapter aux exigences de la guerre moderne, continuant de rivaliser avec les corps d'élite les plus prestigieux.
Thibaut Rémusat