Ateliers, n° 33. Les enseignants ont-ils besoin d'une déontologie ?

Faut-il codifier davantage les devoirs inhérents à la profession enseignante
ou cela menace-t-il la liberté pédagogique ? Si le débat sur la déontologie
des enseignants tend à resurgir aujourd'hui, il ne constitue en rien une
donnée nouvelle ; la définition d'une morale professionnelle et ses rapports
avec la morale commune, comme la distinction entre faute professionnelle
et faute personnelle ont alimenté au XIX<sup>e</sup> siècle des discussions majeures,
notamment dans le cadre de la laïcisation.
Mais ne devrions-nous pas aujourd'hui préférer la notion de compétence
éthique des enseignants à une stricte codification qui dénoterait surtout le
mimétisme à l'égard des professions libérales ? Et qu'en est il au juste de la
responsabilité professionnelle ? Celle-ci n'est elle pas souvent cantonnée à
des exigences trop étroites ?
Sur ces enjeux anciens ou nouveaux, les études de cas et les réflexions
réunies dans ce dossier, qui mêle dans le cadre des sciences de l'éducation
les points de vue historique, sociologique et philosophique, voudraient contribuer
à nourrir le questionnement moral des professionnels de l'enseignement
et de ceux qui aspirent à le devenir.