Le sourire d'Isaac

On a dit de l'humour juif qu'il était une «politesse du désespoir», qu'il était né dans le désarroi identitaire de la période de l'assimilation, enfin qu'il comporterait un trait récurrent de masochisme dans ce qui semblerait une inclination inexorable à une cruelle auto-dérision.
Dans son carnet de travail comme dans la sélection d'histoires juives en forme de petit florilège, l'auteur nous invite à une autre réception de cet humour, art populaire et véritable art de l'esprit.
Mais encore il souligne que l'humour juif porte en lui un implicite politique. Comme tout humour authentique, il s'oppose au rire mauvais de l'arrogance, du mépris, de la cruauté.
Le conflit entre le rire de la lucidité et le rire de la méchanceté risque fort d'être aussi éternel que la bataille entre Eros et Thanatos. Armons-nous de patience, car comme le disait Woody Allen : «L'Eternité c'est long, surtout vers la fin».