Jacques Blot : parcours d'un archéologue dans la montagne basque

Lorsqu'un individu, que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, a débarqué
chez moi un beau jour pour me proposer de rédiger un livre d'entretiens
sur ma vie d'archéologue, j'ai commencé par l'envoyer, poliment, «sur les
roses».
Certes, ce Monsieur me disait être un grand amateur des montagnes du
Pays Basque et avoir eu La révélation en lisant mon livre Archéologie et
Montagne Basque , qu'il se désolait de voir épuisé en librairie depuis longtemps.
Il se disait prêt à faire ce travail de mémoire avec moi, pour le plus
grand bénéfice des générations futures !
Il est vrai qu'à la longue, et après bien des réticences de ma part - Philippe
Velche, c'est son nom - qui était revenu plusieurs fois à l'assaut, a réussi à
me convaincre... Après tout, me suis-je dit, c'est peut-être une bonne idée ?
J'avais en effet maintenant du recul sur les recherches que j'avais menées
depuis une cinquantaine d'années en Pays Basque, qu'il s'agisse de prospections
de monuments protohistoriques ou de fouilles. Mais il est vrai aussi
que ces résultats avaient été diffusés en majorité dans des publications
spécialisées.
Or, ces entretiens, menés non par un «spécialiste» mais par un «amateur
très éclairé», pouvaient me permettre de revenir sur ce que j'avais réalisé,
sur mes découvertes, de la manière la plus appropriée, c'est-à-dire celle qui
rend la connaissance accessible au grand public, alors que peu ou pas de
livres existent en Pays Basque sur ce thème.
Le lecteur trouvera donc tout au long de ces entretiens, par le biais des
résultats obtenus - dans les fouilles en particulier - l'évocation d'un monde
très ancien mais qui est l'ancêtre direct du nôtre ; un monde qu'on ne
côtoie plus que lors de la rencontre fortuite en montagne de ces monuments
bizarres que l'on appelle «dolmen», «tumulus», «cromlech» ou
«menhir», et dont la plupart des gens ignorent la signification. Et pourtant,
ces vestiges sont contemporains de la naissance de la personnalité
basque. Tout au long de ma vie d'archéologue j'ai essayé - autant que faire
se peut - de rechercher l'Homme derrière les pierres, de faire «parler»
les monuments, qu'ils nous disent les modes de vie, les peines ou les joies
de ceux qui les ont construits, ces Basques tout à la fois si lointains et si
proches de nous.
Voilà, lecteur, ce que nous avons essayé de te proposer dans ces quelques
lignes d'entretiens, et nous espérons Philippe et moi, que tu les apprécieras.
Jacques Blot