La maison d'Anaïs

À presque vingt ans, Anaïs est-elle heureuse ? Sa mère, à la santé fragile, se montre toujours attentionnée à son égard ; son père, travailleur, taciturne, autoritaire, est aussi un homme juste et droit ; et que dire de ses deux petites soeurs adorées ? Enfin, il y a Eugène, le gamin si prévenant, quoique un peu soupe au lait parfois, qu'elle apprécie tant. Peut-être l'homme de sa vie ? Alors oui, Anaïs a tout pour être heureuse. Mais un soir de bal, elle croise le regard d'un bel inconnu...
On s'enlace, on tourne, un pas en avant, deux en arrière, sur le côté. On sent un souffle dans les cheveux, une main ferme vous dirige... Anaïs se laisse aller, tout au plaisir de la danse avec cet inconnu. Elle pourrait danser ainsi la soirée entière. Il ne parle pas, une légère pression de la main, la danse se termine.
« Je m'appelle Léon, dit-il. Et vous ?
- Anaïs », dit-elle en levant les yeux vers lui.
Une onde chaude la traverse, comme un rayon lumineux à travers les nuages.