L'école normale d'institutrices du Puy-de-Dôme

Les Écoles Normales constituèrent la clef de voûte de la politique scolaire de Jules Ferry,
fondée sur l'obligation scolaire, la gratuité et la laïcité. Elles permirent à la République de
s'affirmer en donnant des bases solides à un système éducatif appartenant à tous et au
service de chacun : l'école de la République assure la cohésion de la nation.
Les Écoles Normales furent aussi un moyen de donner une place aux femmes qui,
peu à peu, purent passer des travaux d'aiguille aux travaux de l'esprit. L'instruction,
source d'émancipation, leur permit de s'élever dans l'échelle sociale et dans le
monde intellectuel. Il fallut quelques décennies pour qu'apparaissent la première
femme médecin, la première avocate ou la première femme sous-secrétaire
d'État...
Édifiés sur les plans de l'architecte parisien Émile Camut entre 1886 et 1888, les bâtiments
de l'École Normale d'Institutrices du Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand, traduisent
la volonté des républicains de lier la politique d'instruction à une architecture
rationaliste capable d'imposer une image progressiste de la République, où les futures
institutrices, au même titre que leurs collègues masculins, étaient formées pour en
devenir "les hussards noirs".
Avec l'École Normale d'Institutrices, Émile Camut (1849-1905), également l'auteur en
Auvergne de l'agrandissement des Thermes du Mont-Dore et de quelques demeures
privées remarquables, a laissé à Clermont-Ferrand un exemple majeur de
l'architecture scolaire. Une composition monumentale, une distribution fonctionnelle
et une esthétique propre au courant rationaliste témoignent d'un parti nouveau et
moderne.