Quand les miliciens traquaient les résistants : la milice dans le Jura, 1940-1945

Bras armé de la révolution nationale impulsée par Vichy, la
Milice devint en quelques mois une véritable force paramilitaire
au service non seulement du régime de Pétain, mais aussi
de l'occupant. Ses excès en firent le symbole le plus détesté de la
collaboration franco-allemande. Près de trente mille Français
se rallièrent au mouvement dirigé par Joseph Darnand, dont
environ deux cents dans le Jura. Qui étaient-ils ? Quelles
étaient leurs motivations ? L'auteur retrace ici leur itinéraire
personnel. Les miliciens jurassiens furent mêlés à de nombreux
drames de l'Occupation, tels le massacre du Pont de la Pyle on
la grande rafle de Mont-sous-Vaudrey. Des résistants jurassiens
parvinrent à infiltrer la Milice et à en déjouer les plans...
L'auteur s'est également intéressé à de mystérieux Français
opérant aux côtés des nazis et souvent considérés comme des
membres de la Milice. En fait, ils appartenaient à la SAC, un
groupuscule qui se fit remarquer avec Muller-Kulenkampf,
surnommé à Lons-le-Saunier «l'âme de la Gestapo».
Des miliciens jurassiens, comme Michaux, dit «la Patate»
firent partie du dernier carré combattant avec Darnand dans
le nord de l'Italie. D'autres se retrouveront dans la division SS
Charlemagne et feront le coup de feu, aux derniers jours de
la guerre, dans les ruines de Berlin. Mais tous ne poussèrent
pas aussi loin le fanatisme et se contentèrent de relayer la
propagande de Vichy dans leurs villages. Ils sont aussi présents
dans cet ouvrage, première enquête régionale sur la Milice,
dont le cadre géographique a été étendu aux régions de Dijon
et Besançon.