Retour à l'Ile-Grande

- [...] Tu marches d'une allure fière, grisé par le vent qui fait vaciller
les flaques d'eau de mer retenues dans la baie, happé par la beauté
du paysage de sable et de lande côtière qui s'ouvre à tes yeux innocents
dans un vaste panorama circulaire dont les contours palpitent
comme un coeur grand ouvert. Arrivé sur l'îlot, et après en avoir exploré
une grande partie, haletant, tu entreprends de visiter une bâtisse
en ruine - peut-être une ferme abandonnée - dont seules subsistent
des dépendances ressemblant à d'anciennes porcheries. Tu
passes la tête dans l'embrasure d'une porte, devinant dans l'ombre
les vieilles pierres et sentant l'odeur humide de la terre battue ; puis
une autre porte ; puis une autre encore. Là, un objet attire ton attention,
une sorte de trousse posée dans un petit renfoncement du
mur qui fait face à l'encadrement de la porte que tu viens de franchir.
Cela met tes sens en alerte mais tu ne peux pas arrêter ton
mouvement, tout va très vite, tu n'as pas le temps de penser, et tu
penches la tête vers la partie sombre de la pièce, à ta gauche. Et tu
vois, en un éclair, une lumière aveuglante, immensément blanche et
intense, qui te procure le sentiment d'une douceur irréelle et sans
limite. Cette sensation est encore en toi.