Rwanda : les spectres de Malthus, mythe ou réalité ? : une approche socio-historique et anthropologique des dynamiques démographiques à travers modes de production et rapports sociaux dans le milieu rural agricole, de l'époque précoloniale à 1994

La pression démographique est-elle facteur de blocage du développement social et
économique d'un pays ? La forte densité des populations est-elle facteur de misère, de
pauvreté et de conflits ?
La plupart des chercheurs [historiens, démographes, sociologues, anthropologues et
autres experts qu'ils soient nationaux ou internationaux] qui ont travaillé sur le Rwanda
affirment que l'accroissement rapide et la forte densité qui caractérisent sa population
sont les signes d'un surpeuplement qui serait à l'origine de la pauvreté et une entrave au
décollage économique de ce petit pays de l'Afrique centrale.
D'autres avancent l'idée selon laquelle la guerre de 1990 et son point culminant
qu'est le génocide de 1994 prendraient leur origine dans cette croissance démographique
galopante et non maîtrisée qui aurait provoqué une promiscuité sociale étouffante où
chaque groupe social aurait tenté de se trouver une place et un statut social.
Tout en acceptant l'idée que l'équilibe entre population et ressources peut présenter
structurellement des moments malthusiens, l'auteur montre que, tout au long de l'évolution
de la société rwandaise, d'autres facteurs ont contribué à la dégradation du potentiel
productif dans le milieu rural agricole au Rwanda.
L'on peut citer les aléas climatiques, les modes de productions déséquilibrés, les
ravageurs des plantes comme les criquets pèlerins et autres facteurs sociaux comme les
violences, les inégalités sociales, la mauvaise gouvernance, les crimes politiques, les
maladies et autres...). L'auteur s'inscrit dans la vision d'Esther Boserup et aborde le
sujet dans une approche historique, sociologique et anthropologique.