Le déplacement réel ou imaginaire dans le monde lusophone : migrations, exils et terres d'utopie : actes de la journée d'étude du 14 novembre 2012, Université Lumière, Lyon 2

Dès le XIV<sup>e</sup> siècle, partir devient au Portugal le mot d'ordre. Les
hommes et la langue portugaise voyagent et les contours du monde
lusophone se dessinent peu à peu. La diaspora portugaise commence
avec les Grandes Découvertes et le mythe de l'Eldorado brésilien
ne tardera pas à naître. Le déplacement dans le monde lusophone
s'effectue parfois sous le signe de l'utopie. Le Nouveau Monde en
général et le Brésil en particulier deviennent, en effet, une terre
promise ou une terre d'utopie pour de nombreux Européens ; au
Moyen Âge, on baptisera même une île imaginaire du nom de «Brasil»
et l'Italien Giovanni Rossi fondera au début du mois d'avril
1890, dans le Paraná, la colonie anarchiste Cecília.
Il n'y a pas d'utopie sans déplacement, lequel donne lieu à une
expérience exaltante, à la découverte d'une altérité séduisante, d'un
cadre naturel merveilleux, d'une organisation politique et sociale
idéale. L'ailleurs utopique permet ainsi de prendre de la distance
par rapport à la société de référence que l'on peut critiquer en la
comparant à la société nouvelle découverte grâce au déplacement,
qui n'est pas seulement un déplacement géographique mais aussi
un déplacement des représentations et des valeurs. Ce sont donc les
notions d'utopie et de déplacement qu'interrogent les auteurs des
textes rassemblés dans ce livre.