Penser rêver, n° 23. Le corps (est un) étranger

Il y a peu, on a découvert avec un malaise certain que la «beauté» pouvait être
le fait trivial d'un corps étranger : d'une prothèse de sein siliconée, par exemple.
L'introduction d'un «corps étranger» dans l'organe familier a introduit du même
coup une série de questions et de doutes dans nos représentations :
Quels sont les gestes psychiques - perceptions, évaluations - par lesquels on
décrète qu'il y a un corps étranger et que c'est un intrus ? Et l'hôte qu'est notre
corps n'est-il pas lui-même un étranger, autonome, avec lequel on tente sans
cesse de se familiariser ? Enfin, le «corps étranger» ne fait-il pas écho à une
question sociétale majeure ?
Tenter de répondre appelle une (re)définition préalable d'un moi-corps, individuel
et social, et de nos modèles de pensée.