Chaque fois unique, la fin du monde

Chaque fois unique, la fin du monde

Chaque fois unique, la fin du monde
Éditeur: Galilée
2003413 pagesISBN 9782718606071
Format: BrochéLangue : Français

Cet ouvrage parut d'abord en anglais, aux États-Unis (The University of Chicago

Press, 2001), sous le titre The Work of Mourning («Le travail du deuil»). Pascale-Anne

Brault et Michael Naas, Professeurs à l'université DePaul, à Chicago, en eurent

l'initiative. Ils ont ainsi présenté et traduit tous les textes que Jacques Derrida aura

publiés, au cours des vingt dernières années, en Europe ou aux États-Unis, à la mort

de certains de ses amis qui furent aussi, dans l'espace public, des écrivains, des

philosophes, des professeurs : Roland Barthes, Paul de Man, Michel Foucault, Max

Loreau, Jean-Marie Benoist, Louis Althusser, Edmond Jabès, Joseph N. Riddel,

Michel Servière, Louis Marin, Sarah Kofman, Gilles Deleuze, Emmanuel Lévinas,

Jean-François Lyotard, Gérard Granel, Maurice Blanchot.

Le tristesse de ces réflexions est chaque fois vouée et dévouée à la mort de

l'irremplaçable. Mais bien que de telles «adresses» soient ainsi tourmentées, dans leur

destination même, par cette pensée de la fidélité à l'unique ou du deuil impossible, elles

restent comme «enchaînées». Enchaînées entre elles, tenues à leur signature commune,

inévitablement. Une analogie sans répétition s'y fait donc insistante. Excédant chaque

fois tout «travail du deuil», mettant la pensée au travail sur ce que signifie l'échec dudit

«travail du deuil», elle contresigne l'engagement sans fin auprès de l'ami mort.

C'est cette étrange «logique», ce sont ces apories que Pascale-Anne Brault et

Michael Naas analysent dans une longue et admirable introduction. Celle-ci ne

reconstitue pas seulement, pour l'éclairer de façon inédite, tout un réseau de textes

consacrés par Derrida à la mort et au deuil ( Glas, Fors, Mémoires - pour Paul de Man,

Spectres de Marx, Donner la mort, Adieu à Emmanuel Lévinas, Politiques de l'amitié, etc.).

Brault et Naas élaborent à leur compte, de façon fort originale, la question d'une

«politique du deuil».

De précieuses biographies et bibliographies ont été mises au point par Kas Saghafi.

L'ouvrage comporte enfin, dans cette édition française, un avant-propos de Jacques

Derrida.

Soumettre d'abord l'analyse du

philosophique à la rigueur de la

preuve, aux chaînes de la

conséquence, aux contraintes

internes du système : articuler,

premier signe de pertinence, en effet.

Ne plus méconnaître ce que la

philosophie voulait laisser tomber

ou réduire, sous le nom d'effets, à

son dehors ou à son dessous (effets

«formels» - «vêtements» ou «voiles»

du discours - «institutionnels»,

«politiques», «pulsionnels», etc.) :

en opérant autrement, sans elle ou

contre elle, interpréter la philosophie

en effet.

Déterminer la spécificité de l'après-coup

philosophique - le retard,

la répétition, la représentation,

la réaction, la réflexion qui rapportent

la philosophie à ce qu'elle entend

néanmoins nommer, constituer,

s'approprier comme ses propres

objets (autres «discours», «savoirs»,

«pratiques», «histoires», etc.)

assignés à résidence régionale :

délimiter la philosophie en effet.

Ne plus prétendre à la neutralité

transparente et arbitrale, tenir

compte de l'efficace philosophique,

et de ses armes, instruments et

stratagèmes, intervenir de façon

pratique et critique : faire travailler

la philosophie en effet.

L'effet en question ne se laisse

donc plus dominer ici par ce que la

philosophie arraisonne sous ce nom :

produit simplement second d'une

cause première ou dernière,

apparence dérivée ou inconsistante

d'une essence. Il n'y a plus, soumis

d'avance à la décision

philosophique, un sens, voire une

polysémie de l'effet.

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