Léopold Sédar Senghor et Walt Whitman : pour l'idéal humaniste universel

Poètes de la décolonisation de leurs pays, Léopold Sédar Senghor
et Walt Whitman, que de prime abord rien ne rapproche, sont motivés
par l'ambition d'une Civilisation de l'Universel. L'universalisme des
deux auteurs part de la base de l'échelle sociale pour mieux se fonder ;
il va du sublime de ceux qui sont en bas. C'est l'homme 'ordinaire' qui
y est sublimé ; il devient alors une valeur universelle placé au centre de
l'univers. Mais c'est à l'univers dans sa totalité que les deux poètes font
leur déclaration d'amour. Pleinement impliqués dans les débats et les
combats de leur temps, l'un et l'autre des deux poètes ont cependant
choisi de faire de la poésie pour la vie, car ils sont convaincus que la
poésie transcende le politique. C'est par un acte de culture que les deux
poètes arrivent à conférer à leur oeuvre une dimension universelle et
c'est la préoccupation universaliste qui fait que leur oeuvre est encore
de notre temps.
La poésie est un acte inaugural et transcendant. C'est à la fois un
acte de langage et un moyen d'action qui doit servir d'aiguillon pour le
triomphe des valeurs de vie. Elle est bien l'articulation d'une vision du
monde qui est destinée à inspirer l'action. Léopold Sédar Senghor et
Walt Whitman vaticinent l'espoir d'une humanité pacifiée qui fait un
usage plus raisonnable des produits et autres commodités qu'offre en
général le progrès technologique de notre temps. Et c'est par des liens
humains resserrés que l'on arrive à une communauté humaine unifiée,
en somme l'idéal humaniste universel.