Causeries sur Montaigne

Sainte-Beuve parsème ses oeuvres de références à l'auteur des
Essais. Les affinités entre le lundiste et l'essayiste sont indéniables
et s'étendent de l'homme à l'écrivain. Deux natures
critiques par excellence. Dans ses portraits d'écrivains, Sainte-Beuve
esquisse de vigoureux parallèles, en particulier avec Rabelais,
Pascal, Molière, La Fontaine, et avec nombre de ses
contemporains. Dès les années trente, il avait annoté son exemplaire
personnel des Essais en vue de ses leçons à l'École
Normale. Il y eut ensuite les fameux chapitres du livre III de
Port-Royal où, parti à la recherche de Pascal, le critique se laissa
séduire par une philosophie de «la nature sans la grâce» et
approfondit sa connaissance de lui-même. Vinrent encore les
trois grands articles publiés dans le Constitutionnel et repris
dans les Lundis. Enfin les propos sur Étienne de la Boétie et
Pierre Charron apportent un complément d'information nécessaire
à la connaissance de celui qui fut aussi un ami et un maître.
Cette édition intéressera non seulement les seizièmistes et les
dix-neuvièmistes mais tous ceux qui savent que Sainte-Beuve,
injustement rabaissé depuis Proust, vaut beaucoup mieux que
son mythe.