Les fiançailles : pièce en quatre actes. J'ai mission de mourir : entretien inédit avec Tchicaya U Tam'si (1988)

Face au danger d'extinction de son clan, Mandeke Krondon, président de l'Assemblée nationale à Kinshasa, n'avait qu'un espoir mais un espoir solide : son fils unique Kamiaka. Aucune inquiétude donc, la lignée ne disparaîtrait pas. D'ailleurs, n'avait-il pas cru comprendre que l'adolescent était amoureux de la fille de son meilleur ami ? Ne les avait-il pas déjà fiancés puis mariés dans sa tête ? Et, déjà, ne se voyait-il pas grand-père débonnaire entouré d'une ribambelle de petits-enfants ?
C'est pourquoi, lorsqu'il fixa «la date de l'annonce officielle des fiançailles» de son fils, Mandeke Krondon était loin d'imaginer le sévère revers qu'il essuierait, l'émouvante tragédie qui s'abattrait soudain sur son toit, l'affrontement brutal qui mettrait aux prises des conceptions (et des passions) divergentes de l'homme et de la vie. Le brandon de discorde ? la «nouvelle fiancée» de Kamiaka : une jeune Française dont il est récemment tombé amoureux...
Thème toujours d'une grande actualité en ces temps de résurgence des racismes et des intégrismes de tous bords. L'auteur le traite d'une façon originale et dynamique : c'est là son principal mérite. Le succès remporté par Les Fiançailles au Festival des Arlequins de Cholet d'abord, puis ailleurs en Europe, en Amérique et en Afrique atteste de la qualité et de l'intérêt de cette pièce qui est un bel hymne à la liberté, à l'amour, à la fraternité universelle.