Nous sommes coupables

«Moi je veux que mes consoeurs soient beaucoup plus impliquées dans la
reconstruction de nos pays respectifs. Au lieu d'aller en France ou en Espagne,
qu'elles fassent un jumelage avec des femmes de la sous-région, un échange de
culture entre le Ghana et le Sénégal, le Mozambique, le Niger, l'Angola. A leur
retour, qu'elles se retrouvent pour raconter la différence dans les pays, la façon
de voir, qu'est-ce qu'elles ont appris, comment est-ce qu'elles comptent changer
certains fonctionnements pour adopter ceux des femmes du pays visité. Les seuls
brassages qu'il nous arrive de faire sont lorsque nous retrouvons nos consoeurs
d'autres pays dans des conférences internationales.»
Ce sont là les propos de l'Etrangère dont le classeur a été retrouvé par Nabou, la
Drianké Saint-Louisienne. Dans son discours, point de gants. Le ton est donné dès
le départ et nous exhorte à méditer sur le rôle de la femme africaine élitiste dans
l'état actuel du continent. Un ton certes accusateur mais tout aussi chaleureux et
souvent empli d'humour. Façonné sous le sceau de la confidence, cet ouvrage assez
particulier dans le sens où il fusionne le roman et l'essai est une invitation à l'échange
en pleine ère de globalisation et à l'aube de la Renaissance Africaine. Une nouvelle
forme de littérature est née. On se met à table ?