Dreyfus au Panthéon : voyage au coeur de la République

Au printemps 2006, l'historien Vincent Duclert
est le premier à proposer le transfert des cendres
de Dreyfus au Panthéon : «Dreyfus au Panthéon
célébrerait l'héroïsme des citoyens ordinaires,
l'héroïsme des résistants, des rescapés et de tous
ceux et celles qui périrent dans les camps sans
que l'histoire n'en retienne la trace, l'héroïsme
enfin des droits du citoyen qui fondent la justice
et qui ont porté l'arrêt solennel de réhabilitation
de la Cour de cassation, il y a cent ans.»
( Le Monde , 12 juin 2006).
L'engagement immédiat de nombreux historiens
et journalistes, le soutien tant de personnalités
de gauche que de droite transformèrent cette idée
de justice en une conviction. Le président
de la République, Jacques Chirac, à qui revenait
la décision, hésita longuement avant d'écarter
la proposition. Il choisit alors de présider,
le 12 juillet 2006, une «cérémonie nationale»,
à l'École militaire, pour commémorer le centenaire
de la réhabilitation de cet officier juif alsacien :
hommage à «un officier exemplaire» et à
«un patriote qui aimait passionnément la France».
Ce nouveau livre de Vincent Duclert retrace
une histoire présente tendue vers l'avenir. Dans
ce Voyage au coeur de la République , on découvre
une nation construite dans et par des luttes
démocratiques dont elle semble pourtant ignorer
le sens. Avec Dreyfus, avec le centenaire de sa
réhabilitation, la France a eu rendez-vous avec son
destin. Le devoir d'histoire exigeait qu'on écrive
ce récit : le combat d'un livre citoyen.