Paroles d'évêques, XIXe-XXe siècles : une anthologie du cléricalisme français

L'Église catholique avait formé en France, jusqu'à la Révolution
et pendant plus d'un millénaire, la seule structure pérenne
d'encadrement social - battue en brèche, il est vrai, par l'essor de
l'État monarchique. Avec le concordat napoléonien, elle croit
retrouver au XIX<sup>e</sup> siècle une configuration identique alors qu'elle se
heurte, dans la société, à des forces qu'elle identifie mal et qui
finiront par avoir raison de son pouvoir. Elle combat violemment,
après 1905, la nouvelle situation créée par la loi qui la sépare de
l'État, avant de s'y soumettre, sans parvenir à enrayer l'érosion
constante de ses positions. S'accélérant à la fin du XX<sup>e</sup> siècle, celle-ci
aboutit à, une déchristianisation de masse dont on n'a pas fini
d'évaluer les conséquences. Et les évêques, épuisés par deux siècles
de convulsions et de cabrioles verbales, se sont résignés à jouer leur
partition en mineur dans le concert du «politiquement correct» -
tandis que les pompes vaticanes ne servent plus que de fugace décor
au spectacle médiatique mondialisé. Évoquant les positions, aussi
véhémentes que contrastées, prises par l'épiscopat français, au long
des deux derniers siècles, face aux problèmes politiques,
intellectuels, sociaux, moraux, ce livre laisse à ses lecteurs, et à
l'avenir, la réponse à la question majeure : ces débats et ces combats
participaient-ils bien de l'agonie d'une religion ?