La Chine est un cheval et l'univers une idée

La Chine est un cheval et l'univers une idée

La Chine est un cheval et l'univers une idée
Éditeur: M. Nadeau
2010155 pagesISBN 9782862312163
Format: BrochéLangue : Français

«La Chine est un cheval et l'univers une idée» est une

citation de Zhuangzi (350-275 av. J.-C.) dans laquelle il tourne

en ridicule les paradoxes sophistes, et en particulier le plus

célèbre d'entre eux, le fameux «un cheval blanc n'est pas un

cheval» de Gongsun Long. À travers le pastiche de l'argumentation

sophiste, c'est le langage humain en tant que tel que le

philosophe entend disqualifier. Tout jugement, dans la mesure

où il est jugement, est l'expression d'une subjectivité qui

opère un découpage arbitraire dans le réel. Le langage, produit

et support de l'intelligence, ne peut rendre compte d'une réalité

continue et fluide qu'en termes de discontinuité. Au lieu de

tenter de retrouver la totalité dans l'unité, les hommes ne s'occupent

que d'établir des distinctions. Or sitôt que se trouvent

isolées dans le réel des entités discrètes et distinctes, ayant des

contours et des qualités, celles-ci deviennent justiciables de la

loi de l'avoir et appellent l'appropriation.

Aussi ces essais entendent-ils se placer sous la bannière du

cheval blanc de Zhuangzi et d'en faire un cheval de bataille

contre cette activité discriminatrice de la pensée et du langage

dont les méfaits se font plus que jamais sentir aujourd'hui.

Le lieu de cette adéquation est tout d'abord la Chine. Alors

que l'empire du Milieu a toujours été posé dans le discours

occidental dominant comme l'Autre absolu de l'Occident, il

n'est ici considéré que comme un moment singulier et

significatif d'une histoire universelle.

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