La lune dans l'âme

D'un côté, l'antériorité d'une vie rêvée. Peut-être. Un poète noir en exil, un fantôme à la longue chevelure brune, qui l'aimait de sa peau et de son âme blanches. Et ce doute atroce, celui de ne plus bien savoir si le fantôme qui l'aimait en est bel et bien un. Puis, de l'autre côté, l'Esprit de JAH, et les sentiers initiatiques. Mais aussi la vile ville, la réalité, sans merci ni compassion. Celle qui raille nos désespérances avec une arrogance et une cruauté presque comiques. De perditions résignées en révoltes, de dérobades en volte-face, le poète, par moments assisté de Drennzs, son ami peintre aux yeux oniriques, combat les ombres - palpables ou bien issues de son délire -, avec de confuses lames. Et le vieil oiseau nocturne qu'il connaît, l'observera tout le long de sa dérive lyrique et convulsée, avant de rejoindre la lune.
Le <<fils christ="" du=""/>> et le <<prince des="" peintres=""/>> s'en vont à travers fumées et alcools, à travers visions et illusions ; solitaires et ambigus, blasphémant et pissant dans le ciel. Même la nymphe à la blondeur d'herbe dorée de la savane, petite soeur du peintre et ancien amour du poète, n'aura pas d'autre choix que celui de laisser s'accomplir leurs destins respectifs. Les deux artistes s'éloignent tant et si bien des choses et des êtres, qu'ils finissent par atteindre ce lieu insolite, point d'intersection entre le Tout et le Rien, le Plein et le Vide. Peut-être.