Le commandement suprême de l'armée allemande 1914-1916, et ses décisions essentielles

La mémoire collective française associe le nom du général von
Falkenhayn à la bataille de Verdun en 1916. Pourtant, celui qui
était ministre de la Guerre de Prusse en août 1914 devient chef
d'état-major général des armées allemandes en campagne dès la
bataille de la Marne et conserve ce poste éminent jusqu'à l'entrée en
guerre de la Roumanie. Par délégation de Guillaume II, il exerce
donc le commandement effectif des armées impériales sur l'ensemble
des fronts et doit prendre position sur les principaux dossiers
politiques, diplomatiques ou économiques, tout en dirigeant les
opérations contre les différents pays alliés.
Ses souvenirs du Commandement suprême de l'armée allemande,
1914-1916, et ses décisions essentielles sont pour la première fois
réédités accompagnés d'un vaste ensemble de notes permettant de
replacer le rôle et la place de Falkenhayn dans son contexte, de
relativiser certaines affirmations, de préciser ses relations avec le
haut commandement autrichien.
Alors que le chef d'état-major général allemand considère que la
victoire doit être prioritairement remportée contre l'alliance
franco-britannique sur le front occidental, les difficultés militaires
de la Double-Monarchie et les oppositions qui ne cessent de
croître avec le binôme Hindenburg-Ludendorff le contraignent à
consacrer toujours davantage d'attention, d'hommes et de moyens
au front oriental. Il lui faut pourtant gérer dans le même temps
les évolutions politico-militaires de la Turquie, de l'Italie, de la
Bulgarie, de la Roumanie et de la Grèce, tout comme la double
question du blocus allié et de la guerre sous-marine à outrance,
avec en filigrane l'attitude des États-Unis.
Cette approche stratégique de la guerre continentale, particulièrement
documentée, apporte une contribution nouvelle et essentielle
à la compréhension des deux premières années de la Grande
Guerre.