Le mal industriel français : en finir avec l'acharnement de l'Etat

La France assiste depuis des mois
à l'activisme gouvernemental sur
les dossiers industriels sensibles : le sauvetage d'Alstom, la fusion
Sanofi-Aventis, l'avenir du groupe électronique de défense Thales,
l'appui à la résistance d'EDF, l'opposition à l'offre fantôme de Pepsi
sur Danone, la privatisation de la SNCM, la panoplie anti OPA...
«Contrairement à une opinion répandue, nous dit Jean-Pierre
Gaudard, l'industrie n'a pas pour fonction première d'assurer
l'emploi et de garantir la souveraineté nationale. Elle doit fabriquer
des produits au meilleur prix, dégager sans cesse des gains de
productivité au profit de ses clients, les faire bénéficier des incessants
progrès techniques. Les discours incantatoires contre la
mondialisation, les dangers de la concurrence ou du libéralisme
économique n'y changeront rien. Le culte de la sécurité, la
manie du contrôle étatique, doivent laisser place à l'initiative, à
l'innovation, au risque.»
Jean-Pierre Gaudard a voulu savoir quels étaient les points forts
et les points faibles de l'industrie française, quels nouveaux
modèles et enjeux étaient en train d'émerger. Son enquête ne le
conduit pas au pessimisme. Au contraire. L'industrie française
possède de nombreux atouts : à condition de s'affranchir de ses
pesanteurs, de valoriser ses savoir-faire, de mobiliser ses talents...
et de ne compter que sur elle-même.