Un chemin de langage dans le lacis de l'autisme

Anne-Christine perd le langage à l'âge de trois ans et devient étrange,
considérée atteinte de schizophrénie, puis d'autisme, mal qui serait
inguérissable, un entrelacement de phénomènes angoissants toujours
renaissants, de jour et de nuit.
Pendant des dizaines d'années, ses parents multiplient, en dépit de
séparations imposées et nocives, les tentatives de soins les plus diverses
trop souvent décevantes.
Anne-Christine a déjà 42 ans lorsqu'elle rencontre la
«communication facilitée», méthode désormais largement pratiquée. En
un instant se révèle une personne inconnue jusqu'alors. Des centaines de
pages dont la signification est constamment validée. Sa première
demande : «Écris un livre sur moi, j'existe».
Elle dévoile les terreurs de sa naissance, «la peur immonde de
l'abandon», la force étrangère qui la pénètre et la «saccage». Si
l'autisme n'est pas pour autant vaincu, les comportements aberrants sont
peu à peu explicités. Récemment, elle retrouve, au-delà de l'angoisse, le
sens d'une vie perdue, «ma nullité de vie» : aimer infiniment ses
proches.
Ainsi, par delà ses défaillances s'affirme l'intangibilité de la personne,
donc de quiconque serait atteint de troubles envahissants du
comportement.