Claude : l'empereur inattendu

Eclipsé par ses prédécesseurs et successeurs, maltraité par les
historiens anciens, Claude est sans doute le moins connu des cinq
empereurs julio-claudiens.
Ainsi, après un Tibère sadique et vicieux, un Caligula fou et monstrueux,
et avant un Néron qui sera tout cela à la fois, les sources
nous présentent Claude le crétin. Or, le successeur négligé de
Caligula se révéla un grand homme d'Etat et un politique talentueux,
qui n'hésita pas à s'aliéner la classe politique traditionnelle
en confiant de hauts postes administratifs à d'anciens esclaves,
en intégrant des provinciaux et des fils d'affranchis au Sénat, en
promouvant une législation favorable aux femmes et aux esclaves.
A sa mort en 54, il laisse un empire, agrandi de la Bretagne, pacifié
et opulent, doté d'une administration plus efficace et d'une justice
performante. Son drame aura été d'avoir épousé deux femmes à
l'ambition dévorante et qui ne cessèrent de se mêler des affaires de
l'Etat : Messaline et, surtout, Agrippine, dont il y a tout lieu de
penser qu'elle l'assassina.