Transmission, mémoire et reconnaissance

La transmission est mémoire. Celle-ci permet l'inscription
du nom dans l'histoire familiale, dans la longue chaîne
de la vie, mais aussi au sein d'un collectif. L'histoire d'un
peuple se laisse à voir à travers l'épaisseur de ses souvenirs, des
mythes et des légendes racontées, mais aussi à travers sa capacité
à refonder le collectif. Comment dès lors faire mémoire
lorsque l'exil, la rupture ou le conflit viennent rompre la possibilité
de son expression, de son vécu ? La transmission se fait
également reconnaissance. Ainsi, si la construction de soi se
faisait hier sur une prise de distance par rapport à un modèle
normatif puissant, cohérent, stable et institutionnalisé, les
expériences de vie d'aujourd'hui s'éloignent des standards normatifs
prédéfinis. L'enjeu de la transmission s'en voit alors profondément
bouleversé. Dans ce sens, la cohérence identitaire
serait un nouvel enjeu des formes de transmission : pouvoir
transmettre, c'est aussi pouvoir se dire !
Dans un monde où le temps s'accélère, comment penser la
transmission à la fois dans un ancrage historique, mémoriel et
dans une lutte pour la reconnaissance au quotidien ? Comment
réconcilier le poids du passé, son inscription sociale et culturelle
avec les dynamiques identitaires d'aujourd'hui ? Dans une
perspective résolument pluridisciplinaire, cet ouvrage apporte
un regard novateur et contemporain sur les questions de la
transmission.