L'obstination du témoignage : mémoires

«Qui répondrait en ce monde à la terrible obstination
du crime si ce n'est l'obstination du témoignage ?»
interrogeait jadis Albert Camus. Jean Kahn, justement,
n'a cessé de témoigner pour la mémoire d'un peuple
assassiné et pour que jamais ne revienne le temps de la
haine.
Actuel président du Consistoire central israélite,
ancien président du Conseil représentatif des institutions
juives en France, il ouvre ses dossiers et se souvient...
Défilent alors devant nous quarante années de
relations entre la communauté juive et les hôtes successifs
de l'Elysée, entre le judaïsme et l'Eglise, entre
Israël et la France, quarante années aussi de combats
contre tous les racismes. Sans jamais se réfugier derrière
la langue de bois, Jean Kahn brosse les portraits de
ceux qu'il a côtoyés : François Mitterrand et Shimon
Peres, Jacques Chirac et Lech Walesa. Il révèle des pans
inconnus de l'Histoire, comme cette surprenante
immigration en Israël de Bosniaques musulmans au
plus fort des combats qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie.
Au-delà des faits et des drames, apparaît l'engagement
d'un infatigable lutteur pour la dignité humaine, un
bâtisseur de l'Europe qui s'insurge contre une Union qui
ne serait que marchande. Un homme qui refuse
l'amnésie de certains Etats prompts à
oublier le passé et réclame une éthique
européenne, seule garante de la paix
sur une terre trop longtemps labourée
par les conflits. «Un continent sans
mémoire ne mérite pas la liberté.»