Villes en crise ? : les politiques municipales face aux pathologies urbaines (fin XVIIIe-fin XXe siècle)

L'afflux des populations dans l'espace urbain
et l'accroissement des villes ont accompagné
le développement de la société industrielle. Tout au long
du XIX<sup>e</sup> siècle, la préoccupation des responsables
municipaux a été d'organiser cet espace, afin de prévenir
les désordres. La ville est considérée comme criminogène
et il faut éviter que des populations échappent à tout
contrôle social. L'insalubrité de l'habitat et ses
conséquences ont toujours été un des soucis majeurs.
Y a-t-il un lien de causalité entre habitat urbain et
criminalité ? Face à ces questions, les politiques
hygiénistes ont tenté d'apporter une réponse et, au cours
des premières décennies du XX<sup>e</sup> siècle, la bienfaisance
privée fait place aux politiques publiques. Le radicalisme
d'Edouard Herriot à Lyon, le socialisme de Vienne-la-Rouge,
l'inspiration démocrate-chrétienne des
municipalités MRP (Mouvement républicain populaire)
montrent comment la sensibilité politique a inscrit ses
spécificités idéologiques dans les programmes sociaux.
Et quelles sont les politiques urbaines contemporaines ?
Peut-on parler de «villes en crise» ? En quoi le regard
des historiens peut-il contribuer aux choix des politiques
publiques actuelles ?