L'empire espagnol de Charles Quint (1516-1556)

L'empire espagnol de Charles Quint (1516-1556)

L'empire espagnol de Charles Quint (1516-1556)
Éditeur: Ellipses
2004238 pagesISBN 9782729820800
Format: BrochéLangue : Français

L'arrivée de Charles de Gand sur le trône d'Espagne marqua un tournant

décisif dans l'histoire de cette monarchie qui jusqu'alors, au sein de la chrétienté

médiévale, n'avait occupé, somme toute, qu'une position marginale.

Mais il faut prendre garde que ce ne fut pas l'inclusion des royaumes de

Castille et d'Aragon dans l'orbite impériale qui leur offrit (ou plutôt à la seule

Castille, grande protagoniste de cette aventure) la possibilité de développer

un dynamisme inconnu jusqu'alors. La formidable expansion territoriale

qu'allait connaître le premier XVI<sup>e</sup> siècle péninsulaire, la construction d'un

véritable empire colonial castillan, la mise en place d'un État fort, l'arrivée

de la Renaissance, tout cela eut lieu à côté, malgré, pourrions nous presque

dire, la participation de l'Espagne aux grandes luttes dans lesquelles elle fut

entraînée par la politique de Charles de Habsbourg. Cependant, réduire le

rôle des Espagnols dans l'entreprise impériale à une simple instrumentalisation

plus ou moins consentie, à la pure concession de moyens (financiers,

bien entendu, mais aussi humains, logistiques, spirituels) sans espoir de

retour, serait caricatural. Il y eut bien échange, communauté de perspectives

après une mise en contact difficile entre deux mondes que rien ne semblait

devoir faire s'entendre. Les spécialistes ont beaucoup interrogé les liens

- féconds, dynamiques - qui purent s'établir peu à peu entre l'idéal impérial

de Charles Quint et la vieille idée impériale castillane, la nouvelle direction

que prit alors l'histoire des Espagnols a bien été éclairée à la lumière des

priorités fondamentales affirmées par les hommes de l'empereur (lutte

contre les protestants au Nord, contre la poussée ottomane à l'Est, contre la

France en Italie). De même, les relations existant entre la définition strictement

confessionnelle du pouvoir défendue par Charles Quint et le principe

de l'unité politique fondée sur l'unité de la foi érigé par les rois catholiques

en maxime suprême de gouvernement, n'ont pas échappé aux historiens,

pas plus que tout ce qui dans cette brillante et chevaleresque Espagne du

nouveau César préparait la noire monarchie catholique de l'Escorial.

Le présent recueil d'études n'a pas la prétention de formuler de nouvelles

hypothèses ni de bousculer les connaissances établies, ne serait-ce que

parce que tel n'est pas le but d'un ouvrage qui se veut avant tout un guide

sûr pour les étudiants préparant le CAPES et l'agrégation. Ils y trouveront

traités des chapitres précis constituant, aux yeux de leurs auteurs, les points

les plus importants permettant d'embrasser la totalité de la question.

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