La justice au risque des profanes

Y a-t-il une place pour la justice non professionnelle dans le système
judiciaire français ? Si ses défenseurs en font une forme de justice
alternative, plus informelle et plus souple, ses nombreux opposants
la considèrent comme une justice inachevée et inutile, constituée de
magistrats partiaux et insuffisamment compétents. Cet ouvrage
revient sur ce débat, ses usages et ses enjeux.
En s'intéressant à différentes formes de justice (conseils de prud'hommes,
tribunal du commerce, tribunal pour enfants, médiations...) et
aux pratiques judiciaires de leurs acteurs maniant le droit ou le subissant,
les enquêtes sociologiques réunies ici montrent comment les
relations qu'entretiennent profanes et professionnels de la justice
contribuent aussi bien à la constitution et la pérennisation des frontières
de la justice qu'à leur contestation et leur constante remise en
question. Ce faisant, elles invitent à s'interroger sur les formes de la
légitimité des professionnels du droit et sur leur monopole, jamais
complètement acquis, dans le maniement du droit.
Rejoignant les recherches de sociologie de la justice, cet ouvrage invite
à poursuivre les enquêtes sociologiques sur les rapports «ordinaires»
à la justice.