Dissidences, n° 15. Sexualités en révolutions : XIXe-XXIe siècles

La culture révolutionnaire est-elle indissociable d'une
révolution sexuelle, assumée comme telle ? Depuis au
moins le Nouveau Monde Amoureux de Charles Fourier
(1816) jusqu'à l'affirmation de militantes de
Tout - «Votre libération sexuelle n'est pas la nôtre»
(1971) -, en passant par les surréalistes français confrontés
aux accusations des communistes de «compliquer
les rapports si simples et si sains de l'homme et de la
femme» (Breton, 1932), la question des sexualités et
plus largement de l'amour percute l'engagement révolutionnaire,
dans toutes ses dimensions.
Cette livraison de Dissidences analyse, depuis le XIX<sup>e</sup>
siècle et dans une perspective internationale, ce point
d'ombre, de tensions et de contradictions que représente
la sexualité autour de trois axes : la théorisation révolutionnaire
des sexualités émancipées et/ou asservies ; leur
traduction dans des pratiques militantes et des expérimentations
collectives ; leur collision avec les organisations
radicales, libertaires ou contestataires.
Les études réunies ici abordent les enjeux politiques de la
sexualité, au croisement du militantisme et des sciences
sociales, de la théorie et de la pratique, de l'expérimentation
et de l'organisation, sous des angles divers et en
fonction d'analyses originales, offrant un éclairage nouveau
ou abordant une dimension méconnue.