La présence et l'exil : proses poétiques

L'être a deux visages. Il se donne ou s'absente. Entre la certitude
de son paraître ou son retrait à des confins obscurs. Viennent alors
parfois, son évidence lumineuse ou le discord qui empreint d'exister.
Le temps lui, est le miroir de cette figure double.
La Présence et l'Exil ponctuent un procès incertain entre ces
deux moments, la connivence souveraine où l'on se sent relié , le
sentiment de s'éprouver perdu et comme lâché des puissances. Il est
bien sûr de cela, des figures multiples et des savoirs tentés, du plus
englobant à notre propre.
Moins que d'une alternative, il s'agirait d'une alternance où se
signe une condition, entre des états, des conjonctions ou tel
événement, qui tour à tour produisent leur lot d'espérances ou
d'amers renoncements.
Le poème seul aurait pouvoir d'explorer ce qui là se donne à
l'intime de l'humeur, à l'éphémère des saisons, à la pensée sans
illusion du monde ou au secret d'un pur tant volatil, autour duquel
la langue vient rôder.
D'un cycle, ainsi celé qu'on n'en sache l'arcane, surgirait s'il
daigne, le chant qui ne demande rien ou dans telle prose complice,
son seul contrapuntique écho.