Des villes pour la Louisiane française : théorie et pratique de l'urbanistique coloniale au 18e siècle

L'établissement des colons français, puis l'urbanisation de la colonie de la
Louisiane entre 1699 et 1763, forment les deux sections principales de cet
ouvrage.
La difficulté de son exploration, l'étendue du territoire, les contraintes
majeures engendrées par la puissance du Mississippi, le défaut chronique
d'argent et de main d'oeuvre, l'absence de cohérence dans la gestion politique,
les rivalités de personnes exacerbées par une répartition incohérente des
responsabilités : en dépit de ces facteurs défavorables, les acteurs locaux ont su
donner l'impulsion nécessaire à l'équipement et à l'urbanisation de la basse
vallée du «grand fleuve».
La création des villes de La Mobile et de La Nouvelle-Orléans, différant par
de nombreux points des procès d'urbanisation anglais ou espagnols, illustre
l'originalité de l'ambition de la France d'Ancien Régime en Amérique du
Nord.
Gilles-Antoine Langlois met en relief les rapports sociaux engendrés par la
réglementation adoptée d'une part, et les infractions constatées de l'autre, dans
le cadre original de ces villes nouvelles créées pour une population
numériquement faible, composée de militaires, d'employés du Roi ou des
Compagnies, de religieux, de concessionnaires, d'artisans, de commerçants,
d'Améridiens et d'esclaves noirs. Il fait le point sur cette part française de
l'histoire urbaine des Etats-Unis, en un moment où le Bicentenaire de sa vente
par la République française en 1803 attire à nouveau l'attention sur l'espace
louisianais.