L'ONU et la sécurité collective

L'ONU a fêté l'an passé ses soixante ans d'existence ; dans quelques années, sera
célébré le centenaire de la fondation de la SDN. C'est dire si le XX<sup>e</sup> siècle, siècle de
guerre et de fureur, a vu aussi la naissance et l'affirmation de l'idéal de sécurité
collective.
Certes, la route a été jalonnée de revers : impuissance de la SDN devant la montée
des périls de l'entre-deux-guerres, paralysie de l'ONU à l'époque de la guerre
froide, instrumentalisation de l'Organisation par les grandes puissances.
Néanmoins, l'objectif d'universalité a été atteint : en 2006, 189 États sont membres
de l'ONU, quand 27 à peine avaient fondé la SDN en 1919. Dans le même temps,
de solides institutions ont émergé et, aujourd'hui, une véritable «nébuleuse
onusienne» tisse sa toile dans le monde entier, abordant tous les sujets, de la
prévention des conflits à la lutte contre la pauvreté et les grandes pandémies. En
outre, depuis la fin de la guerre froide, ou assiste à un véritable renouveau de
l'ONU, en particulier par la multiplication et l'approfondissement des opérations
de maintien de la paix et par les progrès de la notion de «droit d'ingérence» (voir
le succès des tribunaux pénaux internationaux).
Toutefois, l'ONU est aujourd'hui à la croisée des chemins. La guerre d'Irak (2003)
a montré que la fin de la guerre froide donnait à l'hyper-puissance américaine la
possibilité de choisir entre le «cavalier seul» de l'unilatéralisme et les règles
contraignantes du multi-latéralisme. En outre, les questions des finances et des
statuts de l'ONU demeurent en suspens.
Cet ouvrage, dans une perspective résolument historique, s'efforce de rappeler les
jalons de cette histoire tout en donnant les clés de compréhension de la situation
actuelle de l'ONU.