Le Père Peinard : un journal espatrouillant (1889-1900) : articles choisis

La renommée de ce fameux périodique va au-delà
des milieux anarchistes. Il la doit à son
style très coloré, et fort violent, utilisant un argot
parisien plein de verve, dont il constitue un précieux
conservatoire. Il faut cependant distinguer entre
le vrai langage populaire de ces années et les créations
de son rédacteur quasi unique, Emile Pouget
- un des fondateurs de la CGT. Sa (re)lecture, ici
proposée en chronologie, illustre ainsi l'évolution
de l'anarchisme français vers le syndicalisme, à travers
des événements comme le boulangisme, le
scandale de Panama, les attentats à la dynamite et
l'affaire Dreyfus. Avec ses nombreux échos d'entreprises,
Le Père Peinard constitue aussi un témoignage
de première main sur la condition des ouvriers
de l'époque, ainsi que sur leurs luttes contre les
«capitalos» et les «vautours», les «endormeurs»
et les «ratichons», les «sergots» et les «galonnards»,
sans oublier les «bouffe-galette» du «Palais-Bourbeux».
Mais là aussi il faut faire la part des
exagérations de Pouget quant à la combativité de
la classe ouvrière et à l'ampleur de ses combats.