Traité de relations internationales. Vol. 1. Les théories géopolitiques

Ce traité marque une date intellectuelle pour l'analyse des relations internationales
en France. À partir de textes jusqu'ici négligés, l'auteur dresse un historique des
théories de la «géopolitique» mondiale, c'est-à-dire des représentations de l'espace
par les démocraties (Grande-Bretagne, USA, France, Allemagne, Italie...), les
dictatures (Allemagne nazie), les régimes contemporains autoritaires (Russie,
Chine, monde musulman) ou émergents (Inde, Brésil, Turquie, Chili...).
On découvre qu'au-delà de ses versions explicites ou implicites, la géopolitique
détermine les politiques étrangères et les systèmes d'alliances des États. Parties
d'Angleterre, les conceptions fondatrices de Sir Halford J. Mackinder (que ce
dernier a fait évoluer) ont été adaptées, non sans critiques et révisions, par les
dirigeants, les états-majors militaires, les managers , les conseillers, les
universitaires... de tous les pays. Pourrait-on comprendre la stratégie planétaire des
USA, par exemple, sans faire référence à l'influence de Mahan, de Brzezinski, ou,
plus récemment, du «néomahanisme cosmique» ?
Ce travail novateur illustre brillamment la nouvelle École de relations
internationales de l'Université Montesquieu de Bordeaux, interdisciplinaire et
pluraliste. Il éclaire aussi, en creux, les limites d'une science politique française
tétanisée par «le 11 septembre» 2001. Peut-on comprendre la complexité du
monde en usant de concepts qui dissimulent la réalité de la puissance, ou en
entonnant des antiennes iréniques, idéologiquement connotées, qui ignorent la
géopolitique ? Peut-on encore laisser croire que les relations internationales relèvent
seulement de catégories juridiques, philosophiques ou micro-sociologiques ?
Deux autres tomes suivront : le second sera consacré aux théories des relations
interétatiques, le troisième, aux théories de la mondialisation.