Un normand sur les chemins de Compostelle

Le chemin de Saint-Jacques vers Compostelle fait rêver aujourd'hui toute l'Europe qui, d'ailleurs,
l'a consacré comme un de ses itinéraires culturels officiels... Et chaque année, une foule de gens, les uns
jeunes, d'autres retraités, sortent de l'imaginaire et mettent leurs pas dans ceux des pèlerins qui, avant
eux, ont été aimantés par cette destination mythique.
Comme eux, Jean Margueritte a été travaillé de l'intérieur par cet appel du chemin que
Montebourg et son église Saint-Jacques lui rappelaient quotidiennement. Alors, un jour, pour relier
son Saint-Jacques normand au Grand Saint-Jacques à Compostelle, il a pris son sac, accepté
l'aventure et consenti au «oui» quotidien pour aller au bout de la route. Le chemin qui s'étire sur
1800 kilomètres, traverse la France de l'Ouest jusqu'aux Landes et aux Pyrénées, et emprunte après
Roncevaux le «Camino Francés» (le chemin des Français) jusqu'en Galice.
Quant au récit lui-même, il parle, jour après jour, des rencontres, du chemin lourd dans les jambes,
des sources fraîches et du soleil qui cuit les chairs, des bouderies et du rire, de l'hospitalité qui apaise,
du cidre de Navarre et du vin de Galice, des ronflements dans les gîtes espagnols, de la cohue des
derniers jours, de l'arrivée à la cathédrale de Santiago...
Si, après cette lecture, vous décidez enfin de prendre le chemin à votre tour parce que ce désir vous
ronge depuis longtemps, n'omettez-pas d'acheter un carnet pour la route et posez-y vos mots, comme
l'auteur l'a fait : sinon, vous regretterez de n'avoir pas gardé sur le papier les moments forts de ce
chemin qui est aussi - et peut-être surtout - une belle aventure intérieure.