La vie quotidienne des officiers de l'infanterie de marine pendant la conquête de la colonie du Soudan français : 1890-1900

Fin du XIX<sup>e</sup> siècle. Les troupes françaises, partant du
Sénégal, se lancent à la conquête du Soudan (le Mali actuel). A
travers leurs lettres et leurs journaux de voyage, de jeunes
officiers de l'infanterie de marine témoignent de leurs conditions
de vie. La remontée du fleuve Sénégal, de Saint-Louis à Kayes,
est déjà une aventure. On aborde l'Afrique avec les préjugés de
l'époque qui ne se vérifieront pas sur le terrain. L'ennemi oppose
une vive résistance tandis que les Blancs supportent mal le
climat et succombent aux maladies. Leur rôle se réduira à
l'administration des territoires conquis et à l'encadrement des
nouvelles unités de tirailleurs soudanais créées par Archinard
dont la puissante artillerie viendra à bout des forteresses
toucouleures.
Impatience d'échapper aux tâches administratives et d'aller
au combat pour prendre du galon, souffrances liées à
l'éloignement et à l'isolement dans un poste lointain, description
de l'organisation complexe des colonnes lancées contre
Ahmadou ou Samori, révélation des atrocités de la guerre au
Soudan ; mais, aussi, reconnaissance de la valeur combative de
l'ennemi, de la profonde humanité des administrés, réel
attachement à ce pays où se nouent des amitiés, où sont
construits des pistes carrossables, des lignes télégraphiques, un
chemin de fer, des écoles... Autant de témoignages et de faits
nous permettant d'appréhender d'une manière plus nuancée
l'oeuvre coloniale de la France dans la Boucle du Niger.