Sémiotique du mouvement : du geste à la parole

Le geste ne peut être considéré en lui-même et pour lui-même qu'en se
plaçant dans une perspective restrictive. En effet, le mouvement volontaire
s'inscrit dans une action, et dans tous les cas, il est tributaire d'un
contexte. Le mouvement est bien ce qui permet d'accéder au monde : ne
dit-on pas de certains malades, pourtant conscients, qu'ils «sont murés
en eux-mêmes», signifiant ainsi que le rôle de passeur de sens du mouvement
est à jamais perdu ? L'une des difficultés majeures dans les tentatives
d'harmonisation entre domaines provient du fait qu'il est délicat de
faire coïncider les données provenant des champs neurophysiologique
et biologique avec celles issues de modèles linguistiques. C'est pourquoi
nous avons demandé à des chercheurs appartenant à diverses disciplines
(philosophie, psychologie expérimentale, sociologie, linguistique
et phonétique) d'illustrer la notion de «sémiotique du mouvement». Un
premier volet s'attache à préciser les enjeux théoriques du mouvement,
de sa conception à sa représentation et à sa réalisation, d'une manière
générale et dans ses rapports à la vision et à la parole. La deuxième et la
troisième section apportent des éclairages plus spécifiques en focalisant
le propos sur les aspects linguistiques.