Victoria : reine d'un siècle

«Je ferai de mon mieux...»
C'est par ces mots qu'à l'âge de onze ans, lorsque Victoria découvrit
qu'elle succéderait à son oncle Guillaume IV sur le trône britannique,
elle accepta le destin qui était le sien. Point d'exultation, point de
fanfaronnade à l'idée de régner, mais une ferme résolution qui
n'ignorait ni les difficultés ni la grandeur de la tâche.
Pourtant, quand en 1837, tout juste âgée de dix-huit ans, elle devint
reine du Royaume-Uni, elle tint à monter seule sur le trône, rejetant
l'influence de sa mère et des conseillers que celle-ci cherchait à lui
imposer. Forte du soutien éclairé de son mari le prince Albert,
bientôt mère d'une très nombreuse famille, c'est avec passion qu'elle
exerça son métier de reine, n'épargnant aucun effort pour exalter
le rayonnement de la monarchie constitutionnelle et exercer un
pouvoir politique réel.
Victoria, impératrice des Indes, «grand-mère de l'Europe», a régné
plus longtemps qu'aucun autre monarque britannique à ce jour,
tant et si bien que son image se confond avec celle de son siècle.
Il se peut qu'on ne voie plus guère en elle que la monumentale
icône d'un Empire britannique à la gloire désormais désuète.
Pourtant, Victoria était un personnage complexe, plein d'étonnantes
contradictions. C'est la vie surprenante de cette femme au
caractère bien trempé, souvent exaltée derrière une facade
volontairement austère, que Joanny Moulin nous invite à découvrir.
En racontant la vie de Victoria, il fait revivre sous nos yeux un
siècle d'histoire britannique.