Desproges est de moins en moins mort

Plus de vingt ans qu'il est mort et il n'a jamais été aussi
présent. Pas un jour sans qu'on ne trouve son nom dans
le journal ou que l'un des amuseurs du moment ne lui
déclare son incommensurable admiration. Les paroles des
comiques s'envolent, leurs écrits passent parfois mieux le temps.
Et Desproges est aujourd'hui unanimement considéré comme
un écrivain. Léger, profond, original, inquiet. Une quinzaine de
livres à son actif, dont la moitié publiés après sa mort, ont
fait de lui l'un des auteurs les plus lus de la jeunesse de
France. L'humoriste exigeant, qui ne pouffait pas à tous les
râteliers et refusait de se compromettre, traîne des hordes
de fans derrière lui.
Chacun trouve dans ses oeuvres complètes un style, un rire,
une colère, un regard sur la vie, la mort, le temps, ou
simplement quelques énormités salaces dont on n'avait
pas honte de rire avec lui.
Mais qui était vraiment Desproges ? Journaliste, comique,
misanthrope, moraliste, provocateur, pourfendeur de
l'hypocrisie et de la médiocrité de son temps. On trouvera dans
cette version revisitée de sa biographie le petit Parisien
en vacances dans le Limousin, l'hurluberlu de L' Aurore ,
l'atrabilaire des «Flagrants Délires» et la bête de scène
dans sa bonbonnière du Théâtre Grévin. On y retrouvera
aussi un Pierre Desproges en pleine forme et, pour finir,
de moins en moins mort.