Iris, c'est votre bleu

«Cette fois, la fleur c'est un homme.
Cet homme qui reste près de moi et sa fleur se dresse. Beauté
et fragilité de l'incarnation, du lien dans le temps. Et comme il
n'y a pas d'instant sans son basculement, «je veux bien au bord
si c'est avec toi». Et comme la terre elle aussi a désormais perdu
l'éternité, on n'ose même plus s'accrocher à l'herbe. On le fait, on
continue à toucher ce qui semble nous porter, mais très doucement
maintenant. Près de moi, il y a aussi des enfants qui finissent de
grandir, avec ce silence particulier de quitter l'enfance sans savoir
encore qu'elle reviendra avec l'amant, l'amante. Comme Valérie,
quand elle se penche sur le papier ou la toile, autre pinceau
d'amour, encore de l'eau pour les fleurs uniques.
Ailleurs, Rwanda, Iran, Afghanistan, d'autres silences, celui
des êtres, souvent des femmes, dont la vie est arrachée à vif.
Ailleurs ou tout près, c'est pareil, il n'y a que Dieu qui est loin,
puisqu'il n'existe pas.
Ce livre a commencé avec un iris sous le bleu du ciel nu.»
Ariane Dreyfus