Transferts culturels et politique dans le monde hellénistique : actes de la table ronde sur les identités collectives (Sorbonne, 7 février 2004)

L'ère hellénistique qui vit le monde grec s'étendre sur une grande partie de
la «terre habitée» offre un cadre exceptionnel pour l'étude de la théorie
des transferts culturels. Ce livre issu d'une journée d'études en Sorbonne
rassemblant des historiens de l'antiquité a pour ambition d'éprouver la
pertinence de ce concept encore jeune. Il place le politique au coeur de
sa réflexion, car celui-ci permet d'ouvrir la discussion sur des univers qui
lui sont indissolublement liés, en particulier le monde institutionnel,
le monde juridique et le monde religieux qu'il soit polythéiste païen
ou monothéiste juif. La période hellénistique pose de fait une problématique
triangulaire, favorable à l'étude du jeu des transferts entre trois
pôles : le pouvoir royal des souverains hellénistiques, les cités grecques,
anciennes et nouvelles, et les pouvoirs non grecs, qu'il s'agisse des diverses
communautés «indigènes», y compris les temples et les sanctuaires, ou
bien encore des Romains, tous variablement récepteurs, vecteurs ou bien
émetteurs d'éléments culturels, matériels ou immatériels, façonnant leurs
propres identités. Il s'est agi de faire le point sur des dossiers importants en
associant des synthèses et des exemples précis mettant en scène la problématique
dégagée : «le politique et les institutions», «le politique et le
droit», «le politique et la religion». Cette rencontre scientifique, qui s'est
voulue dialectique, n'a cependant nullement épuisé la perspective dégagée
par les six enquêtes réunies en ce volume : contribuer au débat historique
actuel en revisitant avec un regard aussi neuf que possible des phénomènes
de réception réciproque qui fondent l'hellénisme.