Le cinéma de Robert Bresson : de l'effet du réel à l'effet de sublime

Le cinéma de Robert Bresson : de l'effet du réel à l'effet de sublime

Le cinéma de Robert Bresson : de l'effet du réel à l'effet de sublime
Éditeur: L'Harmattan
2003367 pagesISBN 9782747537988
Format: BrochéLangue : Français

Le cinématographe de Robert Bresson se veut aussi différent du

cinéma que de la littérature dont pourtant il s'inspire largement. La

différence se situe au niveau du récit. Au cinéma, la caméra

enregistre des acteurs jouant dans un décor. Le cinéma met le récit

devant la caméra, il en fait l'avant du tournage : ce n'est là, pour

Bresson, que du théâtre photographié. Le cinématographe en

revanche est avant tout montage : c'est l'interprétation du

spectateur qui fait des images et des plans enchaînés un récit, en

quoi on reconnaîtra l'effet Koulechov. Le récit chez Bresson est

l'après de la vision et le dehors de l'image. De ce postulat, qui

définirait l'essence du cinéma, il tire une série de conséquences qui

vont constituer son cinématographe. Si c'est à l'endroit du

spectateur que se fait le récit, images et plans peuvent être libérés

de leur contenu narratif : ils sont dénarrativisés. Pour l'image et le

montage, c'est la fragmentation, la métonymie, l'asyndète ; pour

l'acteur, c'est sa transformation en «modèle». La dénarrativisation

permet ainsi à Bresson d'obtenir un double effet : en gommant le

récit, il ne reste que de l'insignifiant qui produira un effet de réel,

et de l'énigme, qui produira un effet de sublime.

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