Histoire diplomatique de l'Europe. Vol. 1. La Sainte Alliance : 1812-1818

"A l'époque du congrès de Vienne, les peuples
demandaient des institutions libres, les nationalités
réclamaient, avec leur indépendance, leurs frontières
naturelles. Nulle satisfaction ne fut donnée à ces
voeux par les vainqueurs de Napoléon. La démocratie
fut mise à l'index. Pour la comprimer ou pour la
combattre, les souverains formèrent une sorte
d'alliance mutuelle. Ainsi devait, à leur sens, s'établir
l'équilibre moral, nécessaire au maintien de la paix
générale. Quant à l'équilibre matériel, ils le fondèrent
sur un partage tout à fait arbitraire des territoires, ne
consultant pour l'effectuer que leurs convenances,
leurs intérêts - mal compris, - et ne tenant nul compte
des voeux des populations. Ils inaugurèrent de la
sorte cette politique de la Sainte-Alliance qui, tout
d'abord omnipotente, fut, au bout de quelques
années, battue en brèche par la Révolution, éprouva
d'assez sensibles échecs, surtout à partir de 1830,
mais, en somme, contint l'Europe, tant bien que mal,
jusqu'à l'ébranlement général de 1848.