Est-ce ainsi que les hommes...

La violoniste entame le bal. Épuisée,
souriante, révélée, elle babille,
dépouillée, toute indécence clamée et
domptée, elle trouve encore la force. C'est
bien.
L'homme Berlioz est débordé. Hector
Berlioz n'est pas dépassé. Par le génie de sa musique, il
permet son propre rapetissement. Qu'importe si lui n'était
tombé fou amoureux que d'une femme qu'il n'avait pas
même effleurée. Alors que ce qu'il vient de diriger...
Le chef s'engorge d'une victoire assumée. Adossé à la
musique, il a su se rendre maître de ce désir tronqué, il a
réussi à en dévoiler l'intime foyer, il a mené ce miracle.
Je tiens à ces petites zones de l'écriture qu'on
ne voit pas au premier coup d'oeil, à ces petits recoins
pas nets, obscurs, parfois dérangeants, parce que
je pense qu'on écrit aussi pour tenir compte de
l'intime réel, pas celui qu'on pense décrire par
des phrases mais celui dont une écriture est faite
sans le savoir elle-même. Et je me rends compte
avec bonheur que, parfois, cela colle à ce que je
veux exprimer dans ce texte, à cette liberté que je
revendique à travers l'acte d'écriture.