Etat de droit et droits de l'homme : échanges de points de vue France-Iran : actes du colloque

Usbek/Montesquieu dans les «Lettres persanes» observait la Perse pour mieux
comprendre les contradictions de l'Occident. 250 plus tard, l'Iran et la France croisent
leurs regards pour chercher à se comprendre.
Ce volume présente les actes du colloque tenu à la Faculté Jean Monnet, en décembre 2008
sur le thème : «Etat de droit et droits de l'homme, échanges de points de vue France-Iran».
Il constitue le premier volet d'un programme de recherche, cherchant à saisir dans une
approche comparée, cette notion ancienne et abondamment utilisée «d'Etat de droit», qui
n'a pas fini d'interroger par sa complexité.
Les auteurs n'entendent pas exposer le régime juridique des droits fondamentaux, en
Iran ou en France, ni les mécanismes de leur garantie. Plus que le contenu des droits, les
contributions font apparaître les conceptions que l'on peut en avoir, dans l'un ou l'autre
pays. La confrontation entre juristes iraniens et juristes français ne peut faire l'économie
du débat, bien connu, sur le caractère universel ou relatif des droits de l'homme.
Les différences de fondements, culturel, idéologique, religieux n'interdisent pas une
fréquente concordance sur l'énoncé des principes normatifs. Systèmes juridiques
occidentaux et droit iranien, affirment protéger les droits fondamentaux et la dignité
humaine. Les auteurs de ce volume s'accordent sur l'importance d'une démocratie reposant
sur les élections libres qui donnent sa légitimité au pouvoir, sur la garantie des libertés
individuelles ou collectives parmi lesquelles la liberté d'expression et de religion, sur le
respect des droits de la défense notamment au cours d'un procès pénal. Mais l'analyse
comparée des systèmes juridiques des deux pays met en évidence comment l'effort de
réalisation de l'«État de droit» est un effort inachevé.
Si l'adoption de mêmes principes universels devrait aider à un meilleur équilibre entre
les peuples et à une réduction des conflits, la réalité du respect de l'État de droit dépend
davantage des options politiques des gouvernements, des pratiques administratives et
de l'application qu'en font les tribunaux. Telles sont les diverses facettes d'un ensemble
complexe analysé par les auteurs de ce volume.