Homélies pascales. Vol. 1. Une homélie inspirée du traité sur la Pâque d'Hippolyte

L' Homélie sur la sainte Pâque , présentée dans ce volume,
fut longtemps attribuée à Jean Chrysostome, sur la foi de
plusieurs manuscrits. Dès 1612 pourtant, Henry Savile, le
savant éditeur de Chrysostome, jugeait impossible une telle
attribution et reléguait ce texte en appendice, parmi
beaucoup d'autres homélies, jugées inauthentiques, mises
sous le nom du grand orateur. Un siècle plus tard,
Montfaucon (1728) adoptait le même parti. On crut
découvrir, au début du XX<sup>e</sup> siècle, le véritable auteur de
cette homélie, puisqu'un manuscrit de Grottaferrata
l'attribuait expressément à Hippolyte (III<sup>e</sup> siècle) et que des
florilèges semblaient confirmer cette attribution. On pensait,
du même coup, avoir retrouvé son écrit Sur la Pâque.
Or, Pierre Nautin démontre ici qu'il faut renoncer à voir
dans l' Homélie sur la sainte Pâque le traité authentique
d'Hippolyte : l'homélie ne serait pas antérieure au IV<sup>e</sup> siècle.
Elle n'en présente pas moins un grand intérêt, car son
auteur utilise une source plus ancienne, que P. Nautin croit
pouvoir identifier avec l'écrit d'Hippolyte.
L'homélie adopte la forme d'un diptyque : d'un côté
«les figures», de l'autre «la vérité» ; d'un côté, le temps de
la Loi, avec le rappel de la première Pâque et l'explication du
rituel de sa solennité, de l'autre l'avènement du Christ, sa
passion et sa résurrection, la Pâque véritable. En établissant
entre le récit de l' Exode et celui des Évangiles une symétrie
presque parfaite, l'auteur veut aider le fidèle chrétien à aller
des figures à la vérité, à passer de l'«économie» selon la Loi
à l'«économie» de l'Incarnation, à reconnaître ces deux
étapes de l'histoire du salut.